C’est en 1947 que Trevor Wilkinson fonde sa société de construction automobile. La première est un petit roadster biplace très typé course. Originalité, belle finition, performances canon et châssis de course, les TVR marquent vite les esprits des amateurs de voitures sportives. En 1965, la compagnie est en difficulté (et ce n’est que le début !) et Arthur et Martin Lilley reprennent l’affaire. La marque vend peu malgré les qualités des voitures produites. L’objectif des repreneurs est de viser plus haut même si au début, il se contentent de produire les modèles existants. Le nouveau modèle est toutefois dans les cartons, ce sera la série M. Châssis tubulaire soigné et carrosserie en fibre de verre seront de la partie et si la voiture est plutôt ramassée, elle affiche une jolie ligne, bien dans les canons de l’époque. Et c’est donc en 1972 que la série M fait son apparition. Elle embarque d’abord un moteur Ford Kent 1,6L (TRV 1600 M), puis un 6 cylindres Triumph de TR6 de 2,5L (TVR 2500 M) et enfin un V6 Ford Essex de 3,0L (TVR 3000 M). Il existera même une rarissime version 3000 Turbo. La 3000 M affiche déjà une puissance de 142 cv et comme ce joli bloc n’a que 965 kilos à entrainer, il le fait avec une joie très communicative !

Pas de souci avec la tenue de route. Le châssis tubulaire de forte section est rigide (mais sensible à la rouille…) et l’adoption de suspensions avec bras triangulés avec ressorts hélicoïdaux et amortisseurs de vibrations télescopiques (au nombre de quatre à l’arrière !) assure une belle précision mais au prix d’efforts non négligeables. Pas de direction assistée ni de clim, on donne à fond dans le viril ! Si l’on ajoute la Taimar, sur la même base mais avec un hayon un peu plus pratique apparue en 1976, la production globale n’aura pas excédé les 2500 exemplaires (2465 pour être précis). Il n’est pas si simple d’en trouver une. En Angleterre elle est bine plus présente mais les tarifs sont élevés. En France elle est plus rare mais moins chère (conduite à droite…). La 3000 M a été produite en 654 exemplaires, la Turbo en 20 seulement ! La carrosserie en fibre ne vieillit pas forcément bien, les pièces spécifiques sont très difficiles à trouver et la corrosion peut avoir attaqué le châssis. Un même châssis sensible aux chocs, il faut donc s’assurer qu’elle n’ait pas été accidentée… Bref, pas simple mais cette voiture peu commune procure un rare plaisir avec des performances très actuelles (7,5s au 0 à 100 km/h) avec un bruit génial mais vite fatiguant si vous taillez la route. La cote est autour de 20 000 euros, mais l’offre étant rare…En tout cas il vaut mieux acheter un bel exemplaire qu’affronter des travaux. La réfection de la carrosserie polyester, par exemple, ruinera votre budget. Quoi qu’il en soit c’est un bel investissement et sa cote grimpera, soyez en assuré !

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

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