Elle a franchement des allures de Rolls ou de Bentley, et c’est voulu. Produite immédiatement après-guerre (1946), elle reprend des solutions ultra classiques et n’innove en rien au point de vue technologique, pas plus qu’esthétique. Alors tant qu’à faire classique, autant le faire bien ! En singeant ses illustres marques Triumph ressuscite après une faillite déclarée juste avant-guerre. La marque reprise par Sir John Black, directeur de la Standard Motor Corporation, n’est que ruines. Dès 1946, Triumph dévoile la « 1800 » en version cabriolet (roadster) et berline 2 portes (Saloon). Elles sont animées (enfin pas beaucoup) par un 4 cylindres de 1,8L comme l’indique leur patronyme. Anémique, ce brave moteur peine à animer ces voitures encore construites autour d’une structure en bois, comme à la grande époque. On est encore très loin des carrosseries monocoques. En 1948, elles reçoivent un moteur de 2088 cm3 un peu plus avenant mais encore très juste. Mais c’est en 1949 qu’apparaît la vraie berline (4 portes), la Triumph 2000 Renown. Dessinée par Mulliners Limited à Birmingham, elle est d’un classicisme qui confine à l’obsession, enfin plutôt à la perfection.

Très statutaire mais placide, elle affiche aujourd’hui une folle élégance avec des surfaces vitrées importantes mais une malle classique à l’ancienne. Un dessin déjà daté au sortir de la guerre mais qui n’a plus guère d’importance aujourd’hui, sauf aux yeux des collectionneurs de modèles avant-gardistes pour leur époque. Rien de tout cela dans cette Triumph « so British » aux portes avant suicide mais au bel intérieur cuir mâtiné d’une nécessaire touche de bois vernis. Il s’en vendra autour de 6500 exemplaires mais les survivantes ne sont pas si nombreuses. La rouille et le vieillissement de la structure en bois ne sont pas étrangers à cette hécatombe. Les Roadsters 1800 et 2000 sont les plus cotés, soit entre 32 et 37 000 euros. La Renown par contre ne dépasse pas les 15 à 17000 euros. De quoi se trouver un beau modèle en état ou restauré. En effet, la réfection d’une carrosserie, à fortiori sur une structure bois, serait une folie chez un professionnel au regard de sa valeur actuelle. La mécanique est fiable, et l’ensemble dégage un parfum de gloire passée très enivrant. De quoi craquer !

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. pistoncollection.com est le site sur lequel Sylvain Devaux s’exprime quotidiennement et livre une analyse pointue du monde de la collection automobile. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.pistoncollection.com.»

Pin It on Pinterest