Talbot Lago…le nom fait rêver et je vous avais déjà évoqué la T 150, peut-être l’une des plus belles. Alors restons dans l’exceptionnel avec un autre modèle de ce constructeur concurrent des meilleurs comme Delage, Delahaye ou encore Bugatti. La T26 est une base dont le chiffre indique la puissance fiscale. Pendant la guerre et malgré l’occupation, Anthony Lago et son ingénieur Carlo Marchetti vont développer un nouveau moteur 6 cylindres en ligne de 4.5L qui développe 170 CV en 1942. Une puissance très élevée pour l’époque pour un moteur monté dans un châssis performant également. Nombre de châssis, comme avant guerre, seront vendus “prêts à habiller” pour recevoir une carrosserie spéciale de grands carrossiers, encore présents sur le marché.

Evoluant en version Grand Sport et 190 CV, cette base sera habillée, entre autres, par Saoutchik. De son vrai nom Iakov Savtchuk, ce génial immigré biélorusse commencera comme ébéniste à Neuilly sur Seine en prenant le nom “francisé” de Jacques Saoutchik. Il va rapidement dériver avec succès vers le design et la carrosserie automobile. Et c’est donc lui qui va se charger d’habiller 6 des 29 châssis de T26 Grand Sport, soit les numéros 110.101, 110.109 (celle de la collection Baillon ! En photo d’illustration d’époque…), 110.111, 110.114, 110.114 et 110.122. Si je vous donne ces numéros c’est pour évoquer leur rareté…Non le garagiste du coin aura bien du mal à vous en trouver une !

Cette carrosserie connaîtra deux phases. Les deux premières carrosseries ont un toit surbaissé, compliqué à l’usage, qui sera rehaussé sur les quatre suivantes. Hormis cela, que dire ? La ligne est tout simplement époustouflante ! Elle a créé un choc à sa présentation et l’émotion est toujours aussi intense aujourd’hui. La production a eu lieu entre 1948 et 1951 et de ces 6 voitures, tout n’est pas connu. la première est dans la collection de Peter Mullin aux Etats-Unis, la seconde est celle de la collection Baillon vendue à Rétromobile en état d’épave accidentée (vendue 1,72 millions d’euros…). La troisième ne donne pas de nouvelles et la quatrième apparaît parfois aux concours d’élégance (Villa d’Este..). Les deux dernières sont répertoriées en France…et, c’est tout ! Inutile de dire que l’opportunité d’achat est quasi inexistante et que les prix sont…indécents. Mais quelle merveille ! Je me dis aussi qu’il faudra consacrer une rubrique à ces quelques carrossiers exceptionnels, aujourd’hui disparus.

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

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