“Au rang des marques automobiles disparues, et elles sont nombreuses à ne pas s’être remises de la seconde guerre mondiale, il y en a une que j’affectionne particulièrement, c’est Salmson. La marque de Boulogne Billancourt a été créée en 1913 par Emile Salmson et construisait des avions, des moteurs, des pompes et…des voitures bien sûr. Je ne reviendrai pas là sur toute l’histoire de cette belle aventure qui a commencé par des cycle cars sous licence GN (la marque anglaise Godfrey et Nash) mais en prenant les choses à l’envers, par la fin, triste et cruelle en 1962. Par la fin avec la dernière voiture produite, superbe voiture qu’est la 2300 S. Elle va clore cette belle aventure d’une entreprise exemplaire mais a laquelle il va manquer un brin d’audace et de chance”

C’est l’introduction que j’avais rédigé concernant la fameuse Salmson 2300 S. Une marque de luxe française qui a sombré et disparu, comme constructeur automobile, en 1962 effectivement. Comme beaucoup d’autres marques qui naviguaient dans le luxe et/ou la performance, la guerre avait sérieusement rebattu les cartes dans un pays cette fois exsangue et à reconstruire. Pour les constructeurs automobiles, et l’Etat les a d’ailleurs aidé (excepté le cas Renault, un peu particulier), il existait deux voies. Construire des voitures de masse populaires et pas chères, en remettant à plus tard les modèles haut de gamme (Peugeot, Renault, Citröen…) ou persévérer dans le luxe et la performance mais en y alliant la technologie moderne pour satisfaire une clientèle plus rare mais très exigeante. Ce ne fut pas totalement la voie de Salmson et ce fut un échec.

Présentée en 1950, la Salmson Randonnée type “G72”, est une berline de luxe aux performances élevée mais qui cultive les contrastes. La carrosserie, très réussie, aérodynamique et dans les canons de l’époque, repose sur une antique structure en bois ! Peu rigide et archaïque, cette technique permet toutefois, avec un châssis séparé bien entendu, aux carrossiers indépendant de proposer d’autres lignes sur mesure et sur demande. Le moteur en alliage à double arbre à cames en tête de 2.2L développe 70 cv mais il est accouplé à une déjà antique boite Cotal. Le pont arrière est rigide et supporté par des ressorts à lames. Un cabriolet verra aussi le jour…à la ligne superbe.

C’est ce contraste entre modernisme et archaïsme qui sera sans aucun doute fatal à Salmson dans un marché devenu plus étroit et surtout bien plus exigeant, avide de nouveauté et de technologie. La Randonnée est une très bonne berline, capable de plus de 140 km/h en vitesse de pointe mais qui est dépassée sr certains points par la concurrence. Imaginez le contraste avec une Citroën DS arrivée certes en 1955 mais seulement un an après l’arrêt de la Randonnée…En trouver une est possible mais la belle est rare puisque produite entre 1950 et 1954 en seulement 507 exemplaires. La cote tourne entre 14 000 euros pour une berline et 48 000 euros pour un cabriolet (Desvaux, Escalan…). Mais la rareté fait grimper les prix et un très bel exemplaire de berline peut atteindre la barre des … 40 000 euros ! C’est encore un bel investissement, et une vraie page d’histoire à la fin toujours tragique.

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. pistoncollection.com est le site sur lequel Sylvain Devaux s’exprime quotidiennement et livre une analyse pointue du monde de la collection automobile. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.pistoncollection.com.»

 

Pin It on Pinterest