Installez vous confortablement dans votre fauteuil chesterfield et savourez (avec modération comme il sied) un pur malt en fumant (ce qui ne vous vaudra que des ennuis côté santé) un bon cigare. Après toutes ces choses inavouables, rappelez-vous, nous sommes en 1965 et la vénérable marque de Crew, Rolls-Royce, vient de présenter la Silver Shadow. Oui, on touche à l’élite automobile, en l’occurence celle du luxe et de l’abondance. Mais cette voiture marque une vraie rupture pour la marque. Sa “gestation” a été éléphantesque puisqu’il aura fallu dix ans à Rolls Royce pour accoucher de cette merveilleuse berline ! Pour la première fois une Rolls adoptait une structure monocoque et non un châssis séparé (mais qui ne permet plus le recours à des carrossiers indépendants). Elle adopte alors également pour la première fois une carrosserie “ponton” avec le flegme qui sied à la marque, soit vingt ans après les autres ! Elle va même jusqu’à utiliser un brevet Citroën pour se doter de suspensions hydropneumatiques. Bref, une voiture très aboutie et qui va innover également au niveau du prix de vente, fixé en dessous de 100 000 francs. Ce n’est pas encore démocratique mais l’effort est louable d’autant qu’il n’y a aucun concession au luxe dans cette superbe auto. Elle embarque un beau V8 de 6,2L, puis de 6,75L à partir de 1970, à la puissance suffisante, soit aux alentours de 200cv.

Elle recevra une évolution (dans les détails) en 1977 avec la Silver Shadow II mais sans aucun changement fondamental. Elle adopte toutefois en série un régulateur de vitesse et une système de climatisation très sophistiqué et entièrement automatique. Douce à conduire et respirant le luxe et le bon goût, cette voiture est une pure merveille qui se négocie aujourd’hui à vil prix. La cote varie entre 16 000 et 26 000 euros, et vu le calibre de l’engin, autant dire que c’est cadeau ! Dans les annonces, on trouve un peu tous les prix entre 5 000 (!) et plus de 35 000 euros. Mais, il y a un mais. La rouille est insidieuse, le système de suspensions aussi efficace et capricieux que son homologue de chez Citroën et son système de freinage à triple circuit est d’une rare complexité. Et les pièces et coût d’intervention sont ceux de Rolls Royce. Autant dire que la bonne affaire peut vite tourner au cauchemar, autant être prévenu ! Reste une magnifique auto encore injustement boudée, mais cela ne saurait trop durer. Ceci contrairement à la carrière de la Silver Shadow qui va donc s’étendre de 1965 à 1980 avec plus de 31 000 exemplaires…une Rolls populaire je vous dis !

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

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