C’est un peu un “cas à part” pour la régie Renault. Alpine a cessé sa production en 1995 avec une A 610 performante mais plus GT que sportive légère. L’usine de Dieppe en Normandie va alors servir à la production des sportives de Renault, les fameuses RS, sans aucun projet pour Alpine. Mais en 1994, quelques ingénieurs de Renault Sport vont présenter au PDG, Louis Schweitzer, un prototype très abouti dans la veine des Lotus Elise, le Spider. Contre toute attente, le feu vert est donné pour cette nouvelle sportive au losange, plutôt dans l’esprit Alpine en effet mais badgée Renault. Propulsion, construit autour d’un châssis en aluminium habillé d’une peau en matériaux composites, dénué de pare-brise, il a tout de la pure sportive.

Le Spider vous connecte immédiatement aux éléments ! Port du casque obligatoire ! Le saute vent n’est pas très efficace et en cas de projections vous êtes totalement exposé. Des éléments qui font vieillir prématurément un habitacle minimaliste et mal fini. Mais face aux petits compteurs, vous avez entre les mains un super jouet. Une petit jouet mais pas une grosse sportive. Il embarque en position centrale arrière un quatre cylindres de 2L et 150 cv issu de la Clio Williams. Ce pourrait être suffisant mais, en dépit de sa construction en aluminium et plastique, il affiche 930 kilos, soit 300 de plus qu’une Lotus Elise de même conception ! Les performances s’en ressentent et se dégradent même un peu avec l’apparition de la version à pare-brise arrivée en 1996 plus lourde de 35 kilos. le Spider va aussi récupérer le 2L de la Megane mais sans changement de puissance.

Sa carrière s’arrête en 1999 avec seulement 1726 exemplaires produits, ce qui n’est pas si mal pour un engin aussi exclusif ! Un quart a été produit  dans la version sans pare-brise et seulement 500 exemplaires pour la France…Comptez aujourd’hui entre 35 et 50 000 euros pour une modèle à pare-brise et 50 à 65 000 euros pour les premiers à saute-vent. Le Spider est fiable mais a pu être maltraité sur circuit (il existe aussi quelques versions cup de 180 cv) et sa structure complexe en aluminium n’est pas à la porté du premier garagiste venu. Le moteur est à courroie de distribution…une partie de plaisir avec un moteur central ! Mais c’est un sacré placement. Il valait 15 000 euros de moins il y a trois ans ! Et sa cote n’a pas encore terminé sa course…

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. pistoncollection.com est le site sur lequel Sylvain Devaux s’exprime quotidiennement et livre une analyse pointue du monde de la collection automobile. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.pistoncollection.com.»

Pin It on Pinterest