Si le haut de gamme est depuis quelques décennies, un problème pour les voitures françaises, les tentatives ont été toutefois assez nombreuses. Pour Renault, dans les années 80, l’idée est de tenter une nouvelle fois sa chance mais avec des arguments un peu différents, disons propres à la Régie. Depuis la Renault 16 et après les 20 et 30, le hayon est une spécificité des grandes berlines au losange. Dessinée par Robert Opron avec une lunette arrière “bulle”, elle casse un peu les codes lors de son arrivée en 1984. Elle adopte également une disposition “tout à l’avant” moteur et transmission. Les Mercedes et BMW de l’époque (et encore aujourd’hui pour une certain nombre) sont restée fidèles à la carrosserie tricorps et à la propulsion.

La 25 étant produite à environ 760 000 exemplaires entre 1984 et 1992, année de son retrait, l’on peut dire qu’elle s’est bien vendue. Fine d’un point de vue aérodynamique, économe et spacieuse, elle assure son statut haut de gamme en France avec ces quelques singularités. Mais elle manque de puissance, de finition et d’équipements. Renault va alors placer dans sa grande berline le fameux V6 PRV. D’abord en 2.7L injection de 144 cv, puis en 2.8L 160 cv. Pour aller chercher la concurrence allemande, Renault va aussi greffer un turbo à ce V6 en 2.5L en 182 cv dès 1985. Mais elle reste en dessous des meilleures concurrentes. C’est alors que Renault va agir et dégainer ses armes secrètes.

Avec un moteur poussé à 205 cv, les performances deviennent excellentes (28 secondes aux 1 000 m départ arrêté et 236 km/h). Mais Renault y ajoute aussi une nouvelle finition, déjà déclinée sur les V6, la Baccara. Cuir et bois à profusion, équipement high tech (à l’époque évidemment) avec même une voix de synthèse (capricieuse hélas, tout comme l’électronique de cette belle auto) pour vous aider. Sa carrière s’arrête en 1992 et c’est maintenant une voiture de collection pour les premiers modèles. En acheter une est un bon placement, sa cote monte gentiment et devrait grimper (pas comme une Ferrari, remettons les choses à leur place). Son principal défaut a été son prix de revente resté longtemps au ras des pâquerettes. Dans ce cas elles ont souvent été négligées, tunées et/ou totalement rincées. 

Il va falloir vous armer de patience si vous en voulez une belle. Certaines sont des fausses (pas des Baccara) et d’autres sont incomplètes. La difficulté de trouver des pièces spécifique de cette finition implique que rien ne manque à l’appel ! Beaucoup affichent des kilométrages très élevés…Bref, une belle complète à moins de 150 000 kilomètres et d’origine devient un graal ! Comptez entre 7 et 10 000 euros dans ce cas. Mais c’est un bel achat !

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

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