Porsche 959, puissance brute ! Je sais, je sais, il y en a qui se pâment rien qu’à l’évocation de ce chiffre devenu tout un symbole dans l’automobile. La 959, oui, la Porsche 959, celle qui marquera l’histoire des “Supercars” dans les années 80 en a fait rêver plus d’un. Bon j’avoue qu’avec son air de grosse grenouille joufflue, elle ne me fait pas chavirer. Sa fiche technique par contre, nettement plus. Difficile d’entrer dans les détails sans se retrouver à rédiger une encyclopédie mais disons que c’était du très sophistiqué ! Pour contrer toutes ces voitures de séries destinées à une homologation en compétition, Porsche qui ne jure alors que par ses modèles à moteur avant, va tout de même accepter une évolution foudroyante de sa vieille 911.

Si la cellule centrale reste conforme à la 911, tout comme le moteur en porte à faux arrière, la comparaison s’arrête là. La 959 va recevoir une transmission à quatre roues motrices, et son moteur va cumuler les technologies. Six cylindres à plat mais double arbre à cames en tête, 24 soupapes, double turbo (un petit et un gros), cylindres traités au nikasil, bielles en titane, haut moteur refroidi par eau et bas moteur par air, bref, un vrai roman. Le résultat ? Terrible ! Avec 158 CV au litre, ce 2,8L délivre pas moins de 450 CV et 51 m/kg de couple. Les performances font état d’un 0 à 100 km/h en 3,9 secondes et d’une vitesse de pointe de 310 km/h.

Ce bolide reste aussi très bien construit et confortable. Trop sans doute parce que si cette 959 en a fait rêver beaucoup sa froide efficacité n’a pas convaincu tout le monde. Les performances, c’est une chose, les sensations c’en est une autre (aurait dit ma grand-mère…). Pour la course, elle aura gagné (avec un moteur plus simple de Carrera) le Paris Dakar en 1986 mais le décès d’Henri Toivonen en Corse la même année va mettre un terme au fameux groupe B et par là-même aux ambitions de Porsche en rallye.

Elle sera finalement produite en 283 exemplaires jusqu’en 1988, dont 12 véhicules d’essais, 7 de présérie et 10 de course. Alors mettre la main sur un exemplaire aujourd’hui est en soit un beau défi, même si quelques unes de part le monde sont sur le marché. L’autre défi sera de convaincre tout le monde (conjoint(e), banquier, assureur…) que votre folie est finalement raisonnable. Vendue 420 000 Deutsch Mark à l’époque, soit environ 215 000 euros, il faut en compter entre 1 et 1,4 millions d’euros aujourd’hui…

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

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