La marque est mythique et les inconditionnels encore nombreux, plus de 50 après sa disparition ! Il faut dire que les innovations étaient la religion de Panhard et Lavassor. L’époque permettait encore de faire fi des contraintes de l’industrialisation à outrance mais laissait aussi la place à pas mal d’improvisation. Au risque de froisser les fans, les ingénieurs et techniciens tentaient de remédier à bon nombre de problème sur des voitures déjà commercialisées, au grand dam des premiers propriétaires !

Là nous sommes en 1936, avant la seconde guerre mondiale et René Panhard et Emile Levassor vont produire un engin extraordinaire sortie de l’imagination fertile de Louis Bionier, le concepteur maison. Avec son pare-brise en trois parties, ses trois essuie-glaces, ses ailes carénées et ses phares intégrés, elle est très avant-gardiste. Elle adopte des codes stylistiques qui seront la norme bien plus tard ! Première voiture de luxe française dotée d’une caisse monocoque soudé à l’arc électrique, elle ne laisse plus la place à des carrossiers indépendants.

Avec son volant central, l’intérieur se distingue aussi par son nombre d places, soit jusqu’à 9 pour la version à 6 fenêtres et caisse longue. Mais comme une voiture de course, elle adopte des suspensions avant à triangulation ! Décidément Panhard et Levassor ne font rien comme tout le monde. Les moteurs, à six cylindres sans soupapes, varient de 2516 cm3 sur la 130 à 2861 cm3 sur la 140. cette dernière sera la plus vendue avec 2230 exemplaires sur les 2742 produits jusqu’en 1940, date où la guerre met fin à la production. Proposée avec plusieurs empattements, la Dynamic sera produite en plusieurs variantes de carrosserie. Outre les berlines quatre portes et quatre portes “six fenêtres”, on trouve un coupé 2 portes, un cabriolet 2 portes et une Limousine. En 1937 est aussi introduite une version 160 avec une cylindrée de 3834 cm3, dont 153 exemplaires verront le jour en 1938.

Cette incroyable machine, hors du temps et bénéficiant de technologies surprenantes (et pas toujours bien maîtrisées diront certains) cote entre 40 et 70 000 euros aujourd’hui. Rare dans les échanges, elle constitue un choix engagé, un choix de connaisseurs. Un peu comme les Citroën mais avec un petit côté “décalé” qui en fait tout le charme aujourd’hui encore. Bon, un coupé s’est vendu, dans son très beau jus d’origine, 42 000 euros à Rétromobile cette année dans la vente Artcurial…

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

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