Ce très joli roadster est arrivé en 1963 avec une lourde tâche. Remplacer à la fois le roadster sportif 300 SL hors de prix et la gentille 190 SL, élégante mais plutôt poussive. Une sorte de « juste milieu », de compromis, ce qui n’augure en général rien de bon. En plus de ce positionnement scabreux, la nouvelle doit aussi répondre à un cahier des charges draconien en termes de coût de fabrication et s’identifier à la gamme Mercedes. Bonjour le casse-tête ! Mais les fées se sont manifestement penchées sur son berceau.

A commencer par le jeune et talentueux Paul Bracq qui va signer une ligne superbe et équilibrée avec une vraie particularité. Mercedes vise beaucoup le marché américain, ce sera donc un cabriolet, version qui se vend fort bien sur la côte californienne mais qui a quelques désavantages sous nos contrées. C’est donc la solution du hardtop qui est retenue avec une forme concave qui lui vaudra cette dénomination de « Pagode »

Fine et équilibrée, la ligne séduit immédiatement et signe quelques jolis détails comme les bourrelets d’ailes (qui serait là pour corriger une erreur technique…) ou le bossage discret du capot. L’habitacle est lumineux et les fins montants lui apportent une vraie légèreté. Le volant à double cerceaux et les commandes bien rangées, on se sent à l’aise au volant, bien plus que dans un roadster anglais de la même époque !

Présentée avec un 2,3L six cylindres de 150 cv (230 SL) elle évoluera en 1966 avec un 2,5L (250 SL) de même puissance. Mais en 1967 arrive en complément la 280 SL qui va donc chapeauter la gamme. Ce ne sera pas une sportive mais elle file comme le vent avec sa puissance respectable de 170 cv et son couple important. Proposé en boité manuelle ou en automatique, il est sain de comportement mais préfère tout de même cruiser. Il affiche aussi un poids de 1415 kilos qui tempère un peu ses ardeurs…

Ce joli cabriolet va réellement ouvrir la voie des séries SL de Mercedes, la 300 des années 50 étant une auto de course autorisée sur la route. Comme l’on peut s’y attendre, elle est fiable et très bien construite. Avec une production globale de 48 912 exemplaires, dont 23 885 280 SL, et une pareille robustesse, elle n’est pas rare. De surcroit, les pièces abondent et vous pouvez tout commander chez votre concessionnaire…mais tout ceci a un prix et il vaut mieux trouver un exemplaire en très bel état. La cote s’est envolée depuis un moment. Cela va de 80 à 110 000 euros selon les modèles, la 280 étant le graal. Vu à Retromobile, une 280 « plus que neuve » proposée par un marchand à 340 000 euros…On en reparle demain de ce fameux salon !

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

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