La nostalgie d’une belle époque de l’automobile tient lieu aussi à la liberté accordée aux petits constructeurs que l’on ne retrouve plus guère qu’en Angleterre et encore. Une liberté qui pouvait permettre à quelques copains au talent assuré de créer leur propre voiture en puisant dans des banques d’organes de généralistes pour faire vivre des voitures aux performances souvent brillantes. Le polyester pour les carrosseries permettait aussi quelques audaces à moindre de coût, sans de coûteuses machines d’emboutissage.

En France, CG est de ces marques « éphémères » dans la construction automobile qui sont le fruit d’une idée, d’une envie et d’un petit coup de génie. La marque est née dans les années 30 avec la Carrosserie Chappe mais c’est l’association des trois frères Chappe (Abel, Albert et Louis) avec Amédée Gasselin qui donnera sa dénomination à CG. De Saint-Maur-des-Fossés, l’entreprise migre à Brie-Comte-Robert en 1960 avec la succession d’Amédée par son fils Jean.

L’entreprise va aller progressivement vers la réparation d’automobiles de sport jusqu’à produire les carrosseries des Alpine A 106 puis A 108 avant qu’Alpine ne construise lui-même ses carrosseries avec l’A 110. C’est sans aucun doute cette expérience qui mènera l’entreprise à produire sa propre voiture en 1966, la CG. Présentée en 1000, elle emprunte, par le fruit d’un accord avec le constructeur, sa mécanique à la Simca 1000. Son châssis à poutre centrale et sa carrosserie en fibre de verre ne sont pas sans rappeler les productions de Dieppe, A 110 en tête. La face avant a même des faux airs de Berlinette alors que la partie arrière est sans doute moins heureuse.

La CG 1200 S qui emprunte sa mécanique au coupé Simca 1200 S pour aller mieux concurrencer l’Alpine, toujours elle. Une version cabriolet (33 exemplaires) a même vu le jour. En 1972, la CG 1300 reprend la moteur de la Simca rallye 2 et les CG se distinguent en compétition. Mais l’association de Simca avec Matra sous la tutelle de Chrysler qui donne naissance à la Bagheera et la crise pétrolière mettent rapidement un terme à la fois à la production de CG mais aussi à l’entreprise Chappe et Gasselin qui dépose le bilan en 1974 et signe l’arrêt du petit constructeur français de voitures de sport.

La production totale est faible, une trentaine de 1000, près de 280 1200 et 95 1300…autant dire qu’en trouver une n’est pas forcément chose facile. Mais cette voiture est talentueuse, marque une époque où ce genre de projet était encore possible et donc les prix s’en ressentent. Si la cote se situe entre 23 et 27 000 euros (hors versions course), la rareté a tendance à faire grimper les cours. Une jolie version restaurée bénéficiant d’une préparation du constructeur pour la compétition est en vente chez un professionnel à 65 000 euros…

 

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