On ne présente plus la Citroën Traction. Si elle n’était pas la première automobile à être dotée de ce système de transmission, elle le fera passer à la postérité par tout un ensemble de qualités. Elle arbore une ligne aérodynamique très singulière (dans la mouvance “streamline”) et une tenue de route exceptionnelle. Présentée en 9 cv (la 7), elle sera complétée d’une 11 cv (la 11) puis embarquera un six cylindres sur la 15-six (16 cv). Il y aura même un prototype 22 à moteur V8 (deux moteurs de 11 collés) mais qui ne sera jamais produit. Pour la petite et la grande histoire, la Traction sera présentée en 1934 et produite jusqu’en 1957. Cette période incluant la seconde guerre mondiale où elle sera très prisée tant des occupants que de la résistance, puis des gangsters (le fameux “gang des Tractions”).

Peu fiable par manque de tests avant production, la Traction va précipiter Citroën vers la faillite et l’entreprise dépose le bilan en 1934. Rachetée par Michelin, elle se redresse vite et les équipes vont fiabiliser enfin cette merveilleuse auto en quelques mois. Dès 1936, la Traction peut entamer sa carrière sereinement. Mais deux modèles sortent du lot pour rejoindre les modèles d’exception. Le coupé, dit aussi “faux cabriolet” et le cabriolet. Présentés quelques semaines seulement après la présentation de la berline, ils vont marquer les esprits par leur rare élégance et rafler tous les concours de beauté. Conçus par l’équipe d’André Lefebvre aidée de Raoul Cuinet et Jean Daninos ils conservent la partie avant de la berline mais depuis le tablier jusqu’au pare-chocs, aucune pièce de tôlerie n’est commune avec la berline.

Les deux reprennent aussi la mécanique de la berline 7B (1 529 cm3 de 35 cv) puis celui de la 7C (1 628 cm3 de 36 cv). Arriveront ensuite les motorisations de la 11 avec les mêmes évolutions que la berline. Le graal absolu, vous l’avez deviné, reste le cabriolet 15-six dont 7 coques auraient été fabriquées à l’usine en 1939 mais mises en circulation seulement après 1945, conflit oblige. Les prix aujourd’hui ne descendent pas en dessous de 100 000 euros (pour une 7) et jusqu’à environ 150 000 euros pour une 11 en coupé ou cabriolet. Mais si vous visez une rarissime 15-six, il faudra vous armer de courage et d’un portefeuille bien garni. Une a été vendue à Fontainebleau en 2015 pour 612 000 euros. Après, il vous reste les kits de conversion…qui multiplient les faux exemplaires, prudence !

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

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