Tout change…et finalement rien ne change. C’était en 2015 et la célébrissime collection Baillon avait mis le feu au marché des automobiles de collection. Les prix avaient flambé et aussi marqué une sorte de “pic d’absurdité” et déclenché les foudres des purs et durs qui voyaient s’envoler tout espoir d’acquérir certaines autos. Ceci n’état que le résultat d’une hausse constante du marché et il existe, comme pour les marchés boursiers, des indices du marché de la collection. Les plus connus, HAGI (anglais) et HAGERTY (Américain) mais aussi K500 powered by Kidston (Suisse), DOX Index (Allemand) et le Coutts Index (Anglais) sont censés donner un aperçu de l’évolution du marché. Mais nous sommes toutefois dans des indices qui concernent un nombre déduit de modèles avec une large prépondérance de Ferrari et autres Jaguar ou Porsche. Bref, pas forcément le reflet des transactions du marché entre particuliers qui est plus que largement majoritaire.

Et puis le marché s’est “stabilisé”, enregistrant même un léger recul. Mais ceci n’intègre en rien le glissement naturel des générations. Deux secteurs sont en hausse. Le premier, plus restreint et dans une moindre mesure, est celui des avant-guerre de course. Riley Amilcar et autres cycle cars dédiées à la compétition restent très prisées et du fait de leur possibilité de s’insérer dans la circulation actuelle, elles ne font pas que dormir dans des musées. L’organisation de courses d’anciennes leur donne aussi l’occasion de se dégourdir les bielles. Mais ceci est aussi vrai pour les modèles plus récents éligibles aux courses historiques. L’autre secteur est bien entendu celui des youngtimers.

Il est assez cocasse par ailleurs de voir un certain “mépris” de quelques collectionneurs qui voient d’un mauvais œil arriver ces voitures qu’ils jugent trop récentes. Mais ils ont vieilli ! Les amateurs de ces voitures qui entrent gentiment dans la limite des 30 ans pour éligibilité en carte grise collection sont ceux qui s’approchent de la retraite et qui aiment retrouver les voitures de leur jeunesse…signe des temps, inéluctable. Alors ? Et bien en 2018 aura été globalement une année de hausse. Pas aussi spectaculaire que la période 2012-2015 mais cette tendance, si elle est ponctuée de quelques baisses, est bien une tendance de fond. Aucune surprise au pays du fromage qui pue, les françaises font recette ! Citroën (DS, 2cv…), Alpine, les GTI (205, R5…) et les sportives plus méchantes (205 T16, R5 Turbo…) se partagent la plus grosse part du gâteau.

Que l’on soit un passionné désintéressé, ce qui est parfois mieux au regard de l’entretien de ces “danseuses”, ou un spéculateur pur et dur, chacun peut y trouver son bonheur. Mais en ces temps de répression, d’écologie virulente et de bien-pensance sécuritaire, faire vivre et conserver ces anciennes de tous poils est certainement une nécessité. Nécessité de préserver et conserver ce patrimoine industriel, ces trésors d’ingéniosité façonnés par des femmes et des hommes engagés dans une incroyable évolution de l’espèce. Et cela n’échappe pas au marché…!

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. pistoncollection.com est le site sur lequel Sylvain Devaux s’exprime quotidiennement et livre une analyse pointue du monde de la collection automobile. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.pistoncollection.com.»

 

 

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