Elle est d’une élégance discrète, elle a cette classe à part loin des maquillages outranciers ou de l’insupportable m’as-tu-vu de certaines de ses congénères. La Dino-Fiat est pourtant née d’un mariage quelque peu contre nature. Ferrari avait besoin d’écouler au moins 2500 moteurs Dino, donc conçu par le fils d’Enzo Ferrari, pour une homologation en formule 2. Pour Ferrari, il fallait donc « démocratiser » cette mécanique et c’est ainsi que Fiat entra en jeu. Dessiné par Pininfarina, le très joli spider Dino Fiat vit donc le jour en novembre 1966. Equipée du bloc 6 cylindres 2 litres de la Dino Ferrari 206, elle le présentait à l’avant et non en position centrale comme sa cousine plus prestigieuse.

Comme sa cousine de chez Ferrari, la Dino Fiat reçu également le même bloc poussé à 2,4 litres et 180 cv en adoptant aussi un train arrière plus sophistiqué en 1970, la rendant un peu moins vive, les premières versions étant très critiquées sur ce point. Une version coupé a été produite également mais dessinée par Bertone avec, c’est mon avis, une certaine élégance mais très en retrait du spider. D’une alliance dictée par un besoin de production accrue aurait pu naître un hybride sans grand intérêt, ce ne fut pas le cas. Le spider Dino garde aujourd’hui une élégance intemporelle mais qui fleure bon la Dolce Vita de la côte méditerranéenne. Le galbe des ailes est virilisé par une face avant en pointe plus suggestive qu’agressive mais qui fait de cet ensemble un dessin sportif encore une fois très élégant. Un peu lourd et pas assez rigide, le Spider n’a pas la vraie sportivité de ses cousines 206 et 246, mais conserve tout son charme.

Malgré ces belles dispositions et la puissance du réseau Fiat, l’aventure sera un échec commercial, en particulier pour le Spider. Au total, ce sont 1 163 Spider 2,0l et seulement 420 Spider 2,4l qui sortiront des chaines du constructeur. Le coupé, à la ligne fort différente, sera produit à 3 670 exemplaires en 2,0l et 2 398 en 2,4l. Une production déjà différée en raison de troubles sociaux à Turin obligeant à transférer et le montage des voitures à Maranello. Finalement, la crise pétrolière portera le coup de grâce en mettant un terme prématuré à la production des Fiat Dino en juin 1972. Il est vrai aussi que le positionnement commercial était difficile. Trop chère pour une Fiat et trop roturière pour une Ferrari, cette ambiguïté aura couté la carrière commerciale de cette très élégante italienne pur jus des années 70.

En trouver une n’est pas forcément simple, en particulier si l’on vise un Spider 2,4l (420 exemplaires, je vous le rappelle), mais cela se trouve puisqu’un tour sur internet permet de dénicher une dizaine de modèle à la vente en Europe. La cote LVA est de 160 000 euros pour un Spider 2,4l, 130 000 euros pour le 2,0l. Pour les annonces, les prix affichés varient de 130 000 à 275 000 euros mais avec des exemplaires hors normes pour ces dernières. Autour de 180 à 200 000 euros, un exemplaire en parfait état de présentation reste une belle affaire. Son physique plaide pour elle, son moteur est exceptionnel et, de nos jours, le blason Fiat n’a cure des sous-entendus dans une voiture de cette race. Et même, qui se plaindrait qu’une Fiat 500 soit une Fiat ? Il est donc tout à fait raisonnable de se laisser tenter, même si un moteur signé du maitre de Maranello (enfin de son fils) reste exigeant en entretien.

Il n’est pas trop tard, Investissez !

 

 

 

 

 

Pin It on Pinterest