C’est fait ! Les “SUV” auront eu la peau de la Jaguar XJ. Après 52 ans d’existence, cette dénomination prendra donc fin. La berline luxueuse qui va avec aussi, au profit de ces engins lourds, surélevés pour ne pas nous fatiguer (avec notre surpoids à manger au McDo c’est normal de ne plus pouvoir se baisser) et qui consomment plus que de raison (et pas du Coca). Bon j’arrête là mon mauvais esprit mais j’ai un pincement au cœur quant à cette nouvelle. Alors la XJ première du nom, c’était quoi ? Eh bien cela aurait dû être un coupé (les études allaient dans ce sens) mais pour rester sur le créneau des berlines, elle aura des portes à l’arrière lors de sa présentation en 1968. Et elle fait mouche ! Sa ligne mais pas seulement. Puissance, confort, comportement routier, silence, luxe à bord, elle atomise la concurrence. Et tout de même…cette ligne ! La plus belle berline du monde fait donc son entrée sur le marché à l’aube des années 70.

L’offre moteur s’articule alors autour de nobles architectures. Les fameux six cylindres de la famille XK en 2,8 et 4,2 litres. Et en 1972, le V12 de 5,3 litres fait son apparition et donne toute sa puissance à cette routière exceptionnelle. Elle va évoluer en phase 2 en 1973 avec une calandre plus fine et ne propose plus le 2,8 litres. L’année suivante un coupé sans montant central est introduit en six et douze cylindres, dénommé “C”. Enfin, arrive une série 3 qui adopte, mode et normes obligent, des pare-chocs plus gros avec un bande en caoutchouc mais surtout une caisse totalement retouchée sans que l’allure ne change. Le pare-brise et plus incliné, le toit plus fuyant, les déflecteurs avant disparaissent mais pas la classe. Le six cylindres passe à l’injection, le V12 adopte de nouvelles culasses et sa carrière se prolonge ainsi jusqu’en 1992 pour ensuite laisser la place à la XJ 40.

Alors ? Eh bien aussi étrange que cela puisse paraître, la cote de cette merveilleuse voiture est restée au fond du trou, au ras des pâquerettes. Pourquoi donc ? Ah, la fiabilité…C’est un problème, mais bien moins aujourd’hui. les pièces ne manquent pas et les solutions ont été apportées depuis. Mais le mal est fait. Enfin, il y a bien un espoir. Si ce n’est la fin de la série, le modèle commence tout doucement à retrouver un intérêt aux yeux des collectionneurs. Enfin, devrais-je dire ! La plus belle et performante berline du monde échangée pour une bouchée de pain, non c’était une trop grande injustice. Bon, il faudra d’abord vérifier si la corrosion n’a pas attaqué la belle et se pencher sérieusement sur le circuit électrique, sinon…que du bonheur ! Ah, la cote, j’allais oublier… Entre 8 et 15 000 euros en phase 1, 10 à 12 000 en phase 2 et 8 à 12 000 en 3…(comptez entre 20 et 25 000 pour le coupé) indécent je vous dis, mais cela ne va pas durer !

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

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