Pour revenir à cette merveilleuse Cité de l’Automobile de Mulhouse, j’y ai remarqué un modèle, parmi touts ces merveilles, qui a éveillé ma curiosité. Je  dirais même que j’ai eu un coup de cœur pour cette voiture, et surtout pour son histoire. La Tracta Grégoire Sport produite entre 1956 et 1958 est le fruit des études de l’ingénieur Jean-Albert Grégoire. Cet inventeur de talent, polytechnicien, a breveté le joint homocinétique dans les années 20 et travaillé avec Hotchkiss jusque dans les années 50. Mais ce féru d’innovation automobile, adepte de la traction avant, a aussi fondé sa société, Tracta. Ainsi, il décide de produire sa propre voiture et développe un cabriolet dont il confectionne le châssis et sur lequel il greffe un moteur quatre cylindres Hotchkiss de 2.2 litres dopé par un compresseur Constantin et délivrant 125 CV, une coquette puissance pour l’époque.

Tracta Gregoire Sport (3)

La carrosserie est dessinée par Carlo Delaisse et Chapron en assure la production. Le premier exemplaire est prêt fin 1955 mais il veut le présenter aux Etats-Unis au salon de Deaborn en janvier 1956. La voiture est accidentée peu avant et Chapron va devoir la réparer dans un délai très court pour qu’elle soit enfin présentée. Élégante, elle n’est pas racée comme une sportive mais sa sophistication, son assemblage à la main et sa finition imposent un tarif très élevé. Elle coûte le prix de dix 2 CV et sa conception sophistiquée va rebuter les acheteurs américains, ce n’est donc pas le rêve tant espéré pour Jean-Albert Grégoire. Pire, chaque exemplaire, bien que facturé au tarif exorbitant de 3 500 000 francs, fait perdre de l’argent au constructeur. Elle coûte en réalité 4 300 000 francs à produire !

Evidemment l’histoire s’arrête rapidement, très rapidement même, puisque entre 1956 et 1958 il en sera fabriqué 4 exemplaires et un seul coupé sur une demande spéciale d’un client. Alors en croiser une mérite bien que l’on s’y attarde un peu. Celle de Mulhouse est superbe dans sa livrée rouge carmin mais pas à vendre bien sûr. Une s’est échangée contre 113 240 euros en 2015 lors de la vente Rétromobile menée par Artcurial. Un prix peu élevé au regard de la rareté et de la classe de cette auto plutôt exceptionnelle…

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

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