C’est une constante chez nos voisins britanniques. L’histoire des marques est toujours complexe et ce n’est pas la première fois que je l’évoque. Même principe inéluctable avec Frazer Nash. L’entreprise fondée en 1922 par Archibald Frazer-Nash et Henry Ronald Godfrey était leur seconde opération automobile. En effet, les deux acolytes avaient déjà créé GN (Godfrey-Nash) auparavant en fabricant des cycle-cars. En 1927 la société est rebaptisée AFN (Automobiles Frazer Nash) et produit des voitures de sport à transmission par chaine jusqu’en 1939. Après la guerre, Frazer Nash produit des voitures de sport à moteur 6 cylindres BMW fabriqués par Bristol, au titre des dommages de guerre. Mais c’est aussi la compétition qui va faire la réputation de Frazer Nash avec un palmarès conséquent (3ème  des 24 Heures du Mans 1949, 1er à  la Targa Florio 1951 et aux 12 Heures de Sebring en 1952). Modèle emblématique de la gamme, la Frazer Nash Coupé Le Mans est apparue dans la fin des années 50. Equipée d’un six cylindres en ligne BMW de 2L, elle est équipée d’un hardtop et sera construite en neuf exemplaires pour la course. Autant dire qu’en terme de rareté, elle se pose là. Au total Frazer Nash n’aura produit qu’environ 400 voitures et sa notoriété est sans rapport avec la quantité de production !

Les coupés Le Mans ont été tous construits entre avril 1953 et octobre 1956 à raison d’un prototype et de huit voitures de course, soit donc neuf au total. Autant vous dire tout de suite qu’en trouver une à acheter n’est pas pour demain. il s’en est vendue une en 2015 lors du Goodwood Revival Festival pour un prix de 375 000 euros puis une autre en juillet 2018 pour 650 000 euros. Difficile donc de donner une estimation mais les changements de main sont rares, se font en enchères ouvertes ou de gré à gré entre collectionneurs de haut vol. Mais c’est un investissement de choix étant donné l’aura et la notoriété de l’engin. S’il ne remportera pas Le Mans, le coupé y fera bonne figure. Sur les neuf voitures achevées, trois ont couru au Mans, la plus réussie étant le châssis numéro 186, qui a terminé 13e au général en 1953 (gagnant sa catégorie) et 11e au général en 1954. Alors si vous êtes patient et fortuné, un bon conseil, investissez ! En ce qui concerne Frazer Nash, elle figure au rang des entreprises automobiles disparues, comme tant d’autres, son histoire cessant en 1957.

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. pistoncollection.com est le site sur lequel Sylvain Devaux s’exprime quotidiennement et livre une analyse pointue du monde de la collection automobile. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.pistoncollection.com.»

 

Pin It on Pinterest