Nous sommes au milieu des années 60 et Ferrari souffre un peu. Si les 250 GT rencontrent une certain succès commercial, les finances de l’entreprise ne sont pas au beau fixe. Le patron, Enzo Ferrari, laisse alors Ford se rapprocher et faire une offre, mais Enzo la décline pour mieux négocier avec Fiat. C’est suite à cette “ruse” du “comandatore” que Ford va vouloir se venger en allant battre Ferrari sur son propre terrain, la compétition. C’est le sujet du film que ne saurais trop vous recommander, Le Mans 66, qui sort sur les écrans. Bien entendu, l’histoire est romancée et s’éloigne de la vérité, mais le fonds de l’histoire va conduire Ferrari, attaqué aussi par Lamborghini avec sa fabuleuse Miura, à produire un nouveau modèle de route qui pourra aussi briller en course.

Mais Ferrari ne va pas bousculer les codes, si ce n’est pour la ligne, signée une nouvelle fois Pininfarina. Racée, élégante, puissante, elle sera aussi un peu controverser à sa sortie avant de devenir une icone. Particularité, les phares sous plexiglas qui ne seront pas homologués aux Etats-Unis et deviendront, pour l’importation, basculants. Elle ne marque pas une rupture parce qu’elle embarque toujours un superbe V12 logé sous le capot avant alors que la Miura et les Ford GT 40 ont adopté l’architecture centrale. Cette “Daytona” (nom officieux lié à la revanche de Ferrai sur Ford sur ce circuit) apparaît donc en 1968 sous le patronyme de 365 GTB/4. La pièce maîtresse reste donc le V12 de 4.4 litres avec carter sec et gavé par six carburateurs double corps, pour une puissance de 352 CV à 7200 tr/mn. la boite à 5 rapports est toutefois reléguée à l’arrière pour optimiser la répartition des masses.

La fine carrosserie abrite un châssis tubulaire classique de section ovale. Un conservatisme qui apportera son lot de critiques face à la concurrence, mais cette architecture n’est cependant pas dépassée. Avec moins de 25 secondes au kilomètre départ arrêté et 280 km/h en vitesse de pointe, elle ne s’en laisse pas conter. Aujourd’hui elle est un sublime classique et sa cote atteint des sommets. La cote est à 750 000 euros alors que les rares cabriolets (moins de 140 exemplaires) sont à 3 000 0000 d’euros. Et, rassurez-vous, l’entretien est également à la hauteur. Exigeant et coûteux, il faut aussi souvent passer par des spécialistes. Allez régler la batterie de 6 carburateurs, vous !

Investissez, il n’est pas trop tard !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

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