Encore une marque disparue, une ! Et pas n’importe laquelle…Louis Delage a créé sa société d’automobiles à Levallois-Perret en 1905. La marque va rapidement acquérir ses lettres de noblesse par la qualité et les performances de ses productions. C’est la belle époque et même la première guerre mondiale, si elle va ralentir sérieusement la production, ne mettra pas un terme à cette belle aventure. Mais la crise de 1929…elle, va faire mettre un pied à terre à Louis Delage. L’entreprise va poursuivre cahin caha sa route jusqu’à son rachat par Delahaye en 1935. C’est toutefois une solution de survie pour Louis Delage puisqu’il va pouvoir produire des automobiles…Grâce à l’homme d’affaires Walter Watney, la « Société Nouvelle des Automobiles Delage » voit donc le jour en 1935 tout comme la prestigieuse D8-120, fleuron de la gamme. Ce sera ce que l’on appelle communément le “second âge d’or” de la marque.

Le moteur 8 cylindres a été mis au point par Delage et cube 4,7L. Affichant une puissance de 100 CV ce bloc anime un châssis d’origine Delahaye. Comme le veut la coutume, les clients n’ont accès qu’à ces éléments et vont faire habiller le tout chez un carrossier. La plupart des acheteurs se tournent vers Chapron qui affiche un classicisme élégant. D’autres vont se tourner vers Pourtout ou Letourneur et Marchand avec plus d’extravagance. Et si Figoni et Falaschi est en vogue à l’époque, il n’en habillera que très peu. La gamme va s’élargir un peu en 1938 avec la D8 120 S qui affiche cette fois 120 CV. Une centaine d’exemplaires seulement seront construit avant que la seconde guerre mondiale mette un coup d’arrêt à la production. Pour la petit histoire, Louis Delage a lui-même acheté une D8 120, sans doute la meilleure voiture du moment.

Si ces voitures sont en effet exceptionnelles, autant dire que les prix s’en ressentent grandement. Si les versions carrossées par Chapron sont un peu moins recherchées, un cabriolet de 1938 s’est vendu à Retromobile en février 2018 par Artcurial au prix de 536 400 euros…et une D8S un peu plus ancienne (1933) cabriolet Pourtout est partie pour 949 720 euros en 2014 toujours avec Artcurial. Ceci réserve donc ces merveilles à quelques collectionneurs aussi fortunés que passionnés (enfin pour le second qualificatif, ce n’est pas toujours acquis) qui peuvent ainsi s’assurer d’un placement à long terme bien plus agréable qu’un livret d’assurance…

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. pistoncollection.com est le site sur lequel Sylvain Devaux s’exprime quotidiennement et livre une analyse pointue du monde de la collection automobile. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.pistoncollection.com.»

Pin It on Pinterest