Avec sa bouille rondouillarde, celle qui va succéder à la populaire 4cv d’après-guerre l’est tout autant. Plus grande mais aussi simple, elle ne « monte pas en gamme » mais affiche ses ambitions de grands volumes de production. Apparue en mars 1956, elle sera effectivement la voiture la plus produite en France entre 1957 et 1968. Comme la 4cv, le moteur reste en porte à faux arrière et développe la modeste puissance de 26cv pour 845 cm3 qui, avec un poids plume de 630 kilos, lui autorise 111 km/h, c’est précis ! Elle évoluera à 28cv mais dès 1957 Renault fait appel à Amédé Gordini pour concocter une version un peu plus musclée. Ainsi préparée la Gordini (type R1091) affiche 33cv et atteint 126 km/h et se voit dotée de suspensions spécifiques et d’une boite de vitesses à 4 rapports. La puissance sera ensuite portée à 36cv (type R 1095) et la «bête » sera produite entre 1957 et 1963 puis de nouveau en 1965.

Mais le graal apparaît en 1962 avec la Gordini type R1093 produite entre 1961 et 1963 seulement à 2140 exemplaires. La puissance, par la grâce d’une sacrée préparation, passe cette fois à 49cv et la vitesse de pointe atteint 140 km/h. Pas mal de modifications sont effectuées (boite de vitesses, suspensions, freins, refroidissement, circuit électrique en 12 volts…) qui rendent cette version vraiment spécifique. Elle va aussi arborer les fameuses bandes (bleues cette fois sur des carrosseries blanches ou grises) apposées dans la longueur de la voiture. Cette version surtout destinée à la compétition sera souvent préparée et va ouvrir la voie à la R8 Gordini qui va changer la donne avec l’introduction des sportives populaires. En acheter une est très difficile puisqu’il en reste sans doute guère plus d’une centaine en état de rouler. Beaucoup ont été préparées, ont subit les affres de la course ou ont été détruites tout simplement. La cote s’en ressent puisqu’une 1091 ou 1095 est estimée autour de 8000 euros, la 1093 est à 35 000 euros. Mais le marché est assez différent puisqu’une très belle 1091 peut afficher le double, quant à la rare 1093…c’est plutôt 50 000 euros, si vous en trouvez une vraie !

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

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