Il fallait bien commencer. Et dire que les débuts d’Alpine ont été de tout repos ne serait pas tout à fait exact. Alors que l’A 110 renait  de ses cendres, tout a commencé après la seconde guerre mondiale avec un certain Jean Rédélé. Ce Normand pure souche devient le plus jeune concessionnaire Renault de France et ouvre son officine à Dieppe. Diplômé d’HEC, il a le sens des affaires et un sacré coup de volant. Il va commencer par bricoler la petite nouvelle de la régie, la populaire 4 cv et rafler quelques victoires en rallye au passage. Mais il a d’autres ambitions. Il rêve d’une auto plus légère et plus vive et demande une carrosserie de coach à l’italien Michelotti, sur base de 4 cv mais à carrosserie en aluminium. Assemblé par Allemano, le coupé se voit rapidement modifié et prend le nom de Rédélé Spéciale. Nous sommes alors en 1952.

Après une tentative malheureuse avec l’américain Zark Reed (avec une voiture nommé “Le Marquis” dérivée de la Spéciale), Rédélé pense à une carrosserie en fibre de verre, plus simple et moins coûteuse à produire que l’aluminium. Il fait construire par Michelotti une nouvelle auto ainsi parée. Mais entre temps, son comparse Charles Escoffier a commandé 25 modèles réalisés par Chappe et Gessalin. La ligne n’emballe pas Jean Rédélé, mais le soutien de Renault permet de commercialiser la première Renault Alpine et nous sommes en 1955. La société Alpine est créée la même année mais Jean Rédélé n’est toujours pas un constructeur indépendant. Le petit coupé en “plastique” s’illustre en course et prend le nom d’Alpine A 106, en référence au moteur 4 cylindres de 1062 cm3 issu de la 4 cv.

La première Alpine est née et aura de nombreuses évolutions, en particulier une version “Mille Miles” à la suspension revue et diverses évolutions moteur également. Une version cabriolet est également produite dès 1958 d’après une étude de Michelotti, arrachée à Escoffier et au projet réalisé par les frères Chappe. Rédélé conçoit aussi un coupé sport réalisé à partir du cabriolet (avec un hardtop soudé) qui prend l’appellation A 108 avec le moteur de la nouvelle Dauphine…tout ceci annonce bientôt l’A 110 et la légende d’Alpine ! Peu produite, l’A 106 est rare. Sa mécanique est fiable mais la fibre de l’époque se dégrade et le châssis peut être corrodé en profondeur. La cote est à 35 000 euros mais elle s’échange pour bien plus surtout si elle est en bel état ! Celle par qui tout est arrivé le vaut bien, c’est ça aussi la légende Alpine !

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

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