Je vous l’accorde, vous n’en croiserez pas une tous les jours. Mais c’est aussi l’occasion de revenir un peu sur le passé de Bugatti. La marque, fondée en 1909 par Ettore Bugatti, était pour le moins audacieuse et a déposé plus de 1000 brevets ! Pour Ettore, la devise « Rien n’est trop beau, rien n’est trop cher » s’appliquait à la lettre. Après sa disparition, puis une renaissance avortée, la marque est depuis 1998 propriété de Volkswagen et produit des modèles exceptionnels…rares et chers !  Je voulais vous parler d’un modèle que j’ai trouvé très émouvant par sa patine, sa rareté et son histoire, la Type 23 “Brescia” cabriolet de 1925, carrossée par…Bigatti, cela ne s’invente pas. Une nouvelle fois, pas la peine de dégainer votre chéquier chaud comme la braise, la belle s’est vendue à Retromobile ce mois-ci par Artcurial. Enfin, si vous trouvez le nouveau propriétaire, vous pouvez toujours essayer de négocier.

Ce châssis 2615, équipé du moteur 1013, a été livré au concessionnaire Bugatti de Nice, Ernest Friderich, le 5 août 1925. Il va ensuite rejoindre les ateliers de la carrosserie Michel Bigatti à Nice. La Brescia y reçoit une carrosserie cabriolet tendue de simili-cuir, gage de légéreté. Elle est immatriculée neuve le 18 novembre 1925 au nom de Christian DIETZ, à Sainte Maxime. Elle devient propriété de Paul Hust, à Nice, le 4 juillet 1927. Très vite, la même année, elle est revendue à Paul Kohler toujours à Nice. Restée sur place, elle ne sera redécouverte que vers 1960, sans doute abandonnée avec la guerre. C’est Jacques Vincent qui va l’acquérir et la remiser dans ses bâtiments le long de la RN7 à Vidauban. C’est finalement un certain collectionneur suédois Olof Godin qui va l’acquérir. Et c’est seulement en 1994 qu’elle va être restaurée en lui conservant son cachet et son aspect d’origine.

Elle s’est vendue à Retromobile pour la somme de 301 576 euros. Presque bon marché au regard de l’historique, de sa conservation et du prestige de la marque…Elle a conservé tout le charme du modèle d’origine tout en étant en parfait état de marche. Bien entendu, on touche à l’exceptionnel, mais c’est toujours très émouvant de retrouver le passé d’une telle automobile. Enfin, vous pouvez tooujours acheter une Bugatti d’aujourd’hui…La Divo, limitée à 40 exemplaires déjà tous vendus, était affichée à un peu plus de 6 millions d’euros. Bon elle affiche 1500 cv….

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

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