Si j’avais déjà évoqué la Studebaker Golden Hawk dans Piston Collection, je n’avais pas encore parlé d’un modèle bine particulier à l’histoire assez invraisemblable, l’Avanti. Pour tenter de redresser la marque “en délicatesse” à l’aube des années 60, l’équipe dirigée par Raymond Loewy va proposer une coupé quatre places d’avant-garde. A partir de dessins griffonnés dans un avion, ingénieurs et stylistes s’enferment cinq semaines dans une maison louée à Palm Spring… L’engin, d’une forme complexe, sera réalisé en plastique renforcé de fibre de verre sur un châssis de Studebaker et équipé d’un V8 289 Ci (4,7 litres).

Doté d’une puissance de 240 CV, le coupé Avanti est présenté en 1962 mais les retards s’accumulent dans la production. Les sous-traitants de la carrosserie ont des soucis de qualité et d’alignement des panneaux. Des retards qui font perdre de nombreuses commandes et la confiance des acheteurs potentiels. Au lieu des 20 000 exemplaires attendus en 1962, il n’en sera finalement vendu que…1200 ! L’année suivante ne fut guère meilleure avec 4 600 exemplaires assemblés par Studebaker cette fois et avec un moteur poussé à 289 CV. Le modèle évolua constamment et en 1963 les phares ronds devinrent carrés avant de redevenir ronds fin 1963.

 

C’est d’ailleurs à cette date que Studebaker ferma les robinets et mit un terme à la maigre carrière de l’Avanti. Entre temps une Avanti dotée d’un gros V8 à compresseurs et développant plus de 600 CV aligna plusieurs records de vitesse avec une pointe à 322 km/h. Mais si l’aventure s’est arrêtée en 1963, celle de Studebaker ne dura pas beaucoup plus longtemps, l’entreprise fermant ses portes en 1966. Mais l’histoire de cette voiture ne s’est pas arrêtée là puisque plusieurs propriétaires successifs rachetèrent pièces et outillage afin d’en assurer la poursuite. L’Avanti II assemblée à la main avec des moteurs allant jusqu’à 6,55 litres, puis de nouveau Avanti (sans le II) par le rachat du tout par Stephen H. Blake puis encore par Tom Kellog, ce qui nous mène jusqu’en … 2003 !

Il n’est finalement pas si difficile d’en trouver une, même sous nos latitudes, mais il vaut mieux s’assurer qu’elle soit complète. La rouille épargne la carrosserie (plastique) mais pas le châssis, à surveiller. Les mécaniques sont fiables et les pièces courantes, non ce sont plutôt les pièces spécifiques dont il faut s’assurer de la présence et de l’état. Pour une belle, comptez entre 30 et 50 000 euros, moins pour les récentes produites ensuite. C’est un investissement, ce modèle a une cote ascendante et son originalité plaide en sa faveur…aujourd’hui !

Investissez, il n’est pas trop tard !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

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