Lancia était une grande marque. Aujourd’hui disparue dans les méandres des politiques et stratégies fumeuses d’autres sociétés, cette perle italienne n’est plus. La cote de ses modèles est sans doute une revanche sur cette désillusion qui a touché au cœur les admirateurs de Lancia. Il serait bien trop long de revenir ici sur l’histoire de Lancia et je ne m’attarderai aujourd’hui que sur un seul modèle, celui du changement, de la transition, mais qui reflète bien, à mon sens, tout le « génie » de Lancia. Cette voiture, c’est l’Augusta, connue en France sous le nom de Belna où elle fut produite.

Cette voiture est née au moment de la crise et avant la guerre et elle est effectivement apparue une période charnière. Lancia produisait des voitures luxueuses et performantes pour une classe sociale aisée qui n’a plus tout à fait les moyens. L’Augusta ne sera donc pas une « grande » Lancia mais ne reniera pas ses origines pour autant. Elle inaugure la première vraie caisse autoporteuse et se passe de montants centraux entre les portes. Le moteur est un 4 cylindres en V d’1.2L et 35 CV et les solutions mises en œuvre apportent une certaine suprématie à la Lancia, en particulier face à la concurrence de Fiat. La Lancia offre une qualité toutefois supérieure et un confort de marche très au-dessus du lot.

Le succès sera au rendez-vous et la production sera de 17 217 exemplaires dont 14 107 berlines (type 231) et 3110 châssis (type 234) qui seront habillés en coupés ou cabriolets par des carrossiers comme Paul Née, Figoni et Falaschi, Jacques Saoutchik ou encore Marcel Pourtout et son Eclipse qui inspirera la Peugeot du même nom. A cela il faut ajouter environ 3 000 Belna fabriquées en France afin d’éviter les taxes sur les véhicules d’importation (150% !). La berline italienne et son homologue française cotent autour de 18 000 euros. Les cabriolets ou roadsters plutôt le double mais pour les grands carrossiers, rareté et prestige font flamber le tout…Produite de 1933 à 1936, elle sera la Lancia d’une transition réussie…juste avant la guerre.

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. pistoncollection.com est le site sur lequel Sylvain Devaux s’exprime quotidiennement et livre une analyse pointue du monde de la collection automobile. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.pistoncollection.com.»

 

Pin It on Pinterest