Alors que l’espoir est tout à fait permis avec la nouvelle Alpine A 110, la V6 GTA dont je vous parlais hier n’a pas nécessairement ravivé la flamme. Délicate à la limite, mal finie, de puissance modeste (200 cv…puis 185 !) elle a laissé les fans sur leur faim. Alors Renault, toujours aux commandes, décide de rectifier le tir. La nouvelle se nomme A 610 et fait son apparition en 1991 avec d’autres ambitions. Porsche est hors d’atteinte maintenant mais il reste de la place pour une belle GT française performante. Mais la 610 est un peu un réchauffé de GTA. Le design est très proche, la cellule centrale étant identique, et le travail a surtout porté sur la face avant qui reçoit de optiques rétractables et sur le bouclier arrière, plus suggestif.  L’intérieur est nettement plus cossu (pas difficile il est vrai) mais pas encore au niveau de la concurrence allemande, intouchable sur ce point.

Mais elle compense par un niveau d’équipement très élevé, sans recourir à la traditionnelle liste des options…C’est toutefois sur le plan de la mécanique et des performances qu’elle est attendue. Et le résultat est un peu mitigé. Le V6 Turbo issu de la GTA a pris du coffre, passant de 2.5L à 3.0L et la puissance de 200 à 250 cv. Le couple augmente très sensiblement également mais le poids enfle de près de 200 kilos. La vitesse de pointe passe à 265 km/h et le 1000 m DA à 24.9s. Des performances excellentes mais on est vraiment plus GT rapide que sportive cette fois. Bien que conservant un châssis poutre, la rigidité de l’ensemble a beaucoup été améliorée et la répartition des masses plus équilibrée. Résultat, elle n’est plus aussi délicate que la GTA et s’inscrit bien mieux dans les courbes. Le freinage est puissant et aidé d’un antiblocage Bosch…

Elle se vend mal…et ce sont surtout nos voisins anglais et allemands qui achètent l’A 610. C’est dire le manque d’image auquel Alpine est alors confronté, la compétition étant le secteur réservé de Renault Sport. Deux séries spéciales viendront s’ajouter à la diffusion classique. Une très rare “Olympique 92” pour les JO et une confidentielle Magny-Cours (30 exemplaires). Elle verra quelques changements de style avec de nouvelles jantes en 1993 et un moteur perdant 12 cm3 sans incidence sur les performances (une question d’homologation semble-t-il). Elle ne sera vendue qu’en 818 exemplaires et va clore, en 1995, le chapitre Alpine pour quelques temps. Sa rareté a aussi été remarquée sur le marché et il faut aujourd’hui compter entre 40 et 60 000 euros pour un bel exemplaire, soit presque deux fois plus qu’il y a cinq ans…

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

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