Si aujourd’hui Alpine renaît de ses cendres de fort belle manière, il en fut tout autrement au milieu des années 80. A ce propos, je suis très agréablement surpris du succès de la nouvelle Alpine. Non pas que je puisse douter de ses qualités, exceptionnelles, mais de la passion ressuscitée même auprès de propriétaires qui n’ont pas connu les fameuses “Berlinettes” dont la nouvelle reprend magnifiquement le flambeau. Mais revenons à l’année 1986. Alpine appartient à Renault et après une longue interruption après l’A310, tout le monde attend la nouvelle…V6 GTA. Celle-ci reste dans la lignée des GT plus que des sportives pures et dures mais suscite bien des espoirs auprès des amateurs, et ils ont nombreux !

Las, trois fois hélas, Renault semble n’avoir pas franchement “imprimé” le message. Certes la GTA est plutôt réussie esthétiquement (un peu “fade” peut-être ?) mais est présentée en V6 atmosphérique à carburateurs de 160 cv alors que tout le monde attend avec fébrilité une version Turbo qui ne viendra qu’un an après. Une erreur stratégique du constructeur qui va se payer cash. Les performances sont excellentes au regard de la puissance mais c’est une peu court face à la concurrence (Porsche, Ferrari…) et la finition est assez décevante, même si les années 80 ne sont sans doute pas les meilleures en général sur ce point…

Il faudra donc attendre un peu pour voir arriver la version V6 Turbo qui reçoit, toujours en porte à faux arrière, le fameux PRV à manetons décalés cubant 2 458 cm3. Un bloc  tout alu qui désormais tourne rond et pousse fort, avec l’aide un turbo Garret T3 souffle à 0,65 bars. Ce moteur délivre 200 cv à 5 750 tr/mn, mais délivre un couple de près de 30 mkg dès 2 500 tr/mn. Avec une boîte 5 assez longue et une aérodynamique très soignée, elle file à 250 km/h et accélère fort (moins de 27s au 1000m DA). Comme une bonne Alpine (de l’époque) elle garde un châssis poutre et une carrosserie en fibre de verre et pèse seulement 1210 kilos. Il faudra toutefois attendre 1993 pour que revienne le logo Alpine en lieu et place du losange Renault…décidément…

Le comportement est fluide et rapide mais les limites sont difficiles à cerner et le survirage peut intervenir très brutalement. Le poids du V6 à l’arrière et l’excellente adhérence du train arrière rendent cette limite de décrochage très brutale. Bonne GT mais sportive rétive, elle se montre délicate à la limite. En acheter une aujourd’hui reste un bon investissement même si les prix ont pas mal grimpé. Comptez entre 20 et 30 000 euros pour un exemplaire en bel état mais les séries spéciales Mille Miles (en 1989 à 99 exemplaires) ou Le Mans (seulement 185 cv en raison d’un catalyseur amis avec un kit carrosserie très agressif et 325 exemplaires) on passe plutôt à 50 à 60 000 euros…le renaissance d’Alpine n’y est pas pour rien et tire les prix vers le haut. A ce propos, la numéro 2 est en vente sur le site des anciennes en ce moment…pour 53 500 euros. Globalement la mécanique est fiable si elle est bien suivie mais l’électricité reste plus capricieuse. La carrosserie en polyester n’est pas à la portée du premier carrossier venu et il faut vérifier si elle n’a pas trop connu les bas-côtés…

Il n’est pas trop tard, Investissez !

Sylvain DEVAUX

Rédacteur en chef

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